Tout a commencé par des rencontres…
Des moments de partage avec des amis, des collectionneurs, des clients…
Des échanges passionnés avec des collègues, parfois de vieux compagnons de route.
De ces discussions est née une évidence : le désir de créer ma propre marque et de donner vie à une première collection. Une collection pensée comme un hommage à la beauté intemporelle et à la simplicité étonnante de l’horlogerie mécanique.
Le Mouvement - Un choix du coeur
Le mouvement fut la première étape de cette aventure.
Ce calibre de 30 mm a jalonné ma carrière : je l’ai restauré à maintes reprises et chaque fois, il m’a impressionné par sa précision, sa robustesse et son identité unique.
À force de recherches, j’ai réuni une vingtaine de pièces, guidé par le désir de redonner vie à un mouvement emblématique des années 40 et 50.
Ce fut une évidence : il devait devenir le cœur de ma première collection.
Il ne restait plus qu’à lui offrir une nouvelle jeunesse.
La symbiose de la boite
Après le mouvement, il me fallait un écrin digne de lui.
Inspiré par l’esthétique des années 40 et 50, j’ai imaginé un boîtier rond de 39 mm, confortable et parfaitement adapté au poignet. Une véritable symbiose entre le boîtier et le mouvement.
Le fond transparent laisse admirer le calibre et sa décoration. Avec l’aide de mon prototypiste, j’ai opté pour un fond vissé, doté d’une forme dodécaédrique (12 pans) qui assure une fixation solide tout en offrant l’espace nécessaire aux gravures.
Chaque détail a été pensé : même la couronne a été dimensionnée pour un remontage simple et naturel.
Un hommage aux codes traditionnels, revisités avec ma propre exigence.
La création de ce boîtier n’aurait jamais été possible sans l’aide précieuse d’artisans, de collègues et d’amis.
Leur savoir-faire, leurs conseils et leur soutien m’ont permis de donner vie à une matrice spécialement conçue pour une production en très petite série.
Une anecdote illustre bien ce défi : le temps consacré au réglage de la presse d’emboutissage et au changement d’outils a largement dépassé celui nécessaire à la découpe des quelques pièces dont j’avais besoin.
Ce projet est donc bien plus qu’une aventure personnelle : il est le fruit d’un travail collectif, sans lequel ce boîtier n’aurait jamais vu le jour.
Le regard du cadran
Le cadran est le regard de la montre : il capte immédiatement l’attention et définit sa personnalité.
Pour cette collection, je me suis inspiré de modèles historiques, en privilégiant une esthétique sobre et fonctionnelle.
Chaque détail a été soigneusement étudié : la forme des index, l’équilibre des aiguilles, les proportions d’ensemble.
Le résultat est un cadran lisible, élégant et intemporel, qui allie le respect de la tradition horlogère à ma propre vision de l’équilibre et de la simplicité.
Le symbole du sceau d'Ajoie
Chaque création porte le sceau de l’Ajoie : la « vouivre », créature mythologique mi-dragon, mi-oiseau, à la queue effilée.
Ce symbole, mystérieux et fascinant, accompagne la région de Porrentruy depuis l’Antiquité. Personne ne sait vraiment quand il est apparu, mais il fait aujourd’hui partie intégrante de son identité.
L’intégrer à mes montres était une évidence.
Au-delà d’un simple motif, ce sceau incarne mes racines et rend hommage à la riche tradition horlogère de Porrentruy.
Mes remerciements envers tous les artisans
Cette aventure est aussi la leur.
Je connais la difficulté de travailler sur de petites séries et pourtant, chaque artisan a accepté de relever ce défi à mes côtés.
C’est à eux que je dédie cette première collection.
Je remercie tout particulièrement :
– Mon ami Hughes Jolidon (société Créajo, Courfaivre), pour son aide technique et ses conseils avisés.
– Claude Ourny, prototypiste, avec qui j’ai longuement travaillé sur le design du boîtier.
– Damien Gatherat, étampeur, qui a permis la création de l’outil pour ma boîte.
– AM Polissage (Audrey Moureaux), pour le polissage des boîtes.
– Sebal (Bassecourt) et Erma (Boécourt), pour les verres saphir.
– Vicro (Porrentruy), pour les cadrans.
– Daniel Guélat (Courtedoux), pour le cliché.
– Estima (Granges), pour les aiguilles, seule entreprise hors canton avec laquelle j’ai collaboré.
– Technocut (Bonfol), pour le gravage laser.
– Mondor (Delémont), pour la galvanisation.
– Isoswiss (Boécourt), pour les bracelets caoutchouc et couronnes.
– Swisskh (Delémont), pour les meules abrasives servant à décorer les ponts.
Enfin, une pensée particulière pour mes enfants :
– Léa, graphiste, qui a imaginé mon logo.
– Quentin, pour ses précieux conseils de designer horloger.
Cette première collection est bien plus qu’un projet personnel : elle est le fruit d’une aventure collective, portée par la passion et le savoir-faire de nombreux artisans.
À travers elle, je rends hommage à la tradition horlogère jurassienne tout en affirmant mon identité, inscrite dans chaque détail de conception et de réalisation.
Ainsi s’écrit le premier chapitre de la marque Christian Etienne, avec l’ambition de faire vivre et rayonner cette passion horlogère bien au-delà de l’Ajoie.